Aléa retrait-gonflement

Afin de tenter de diminuer à l’avenir le nombre de sinistres causés par le phénomène de retrait-gonflement des argiles, il importe de cartographier l’aléa associé, ce qui revient à délimiter les secteurs a priori sensibles, pour y diffuser certaines règles de prévention à respecter.
 
Le terme d’aléa désigne la probabilité qu’un phénomène naturel d’intensité donnée survienne sur un secteur géographique donné et dans une période de temps donnée. Cartographier l’aléa retrait-gonflement des argiles reviendrait donc à définir, en tout point du territoire, quelle est la probabilité qu’une maison individuelle soit affectée d’un sinistre par exemple dans les dix ans qui viennent.
 
La corrélation étroite mise en évidence entre la répartition des sinistres et la nature géologique des formations sub-affleurantes a amené le BRGM (Service géologique national), dès le milieu des années 1990, à élaborer des développements méthodologiques en vue de cartographier l’aléa retrait-gonflement des argiles, d’abord à l’échelle communale (Manosque), puis à l’échelle départementale (Alpes-de-Haute-Provence). Cette méthode, appliquée d’abord dans le département des Deux-Sèvres, puis dans celui de l’Essonne est désormais formalisée et validée par le Ministère de l’Ecologie, de l’Energie, du Développement Durable et de la Mer (MEEDDM) qui a confié au BRGM sa mise en œuvre sur l’ensemble du territoire métropolitain, dans le cadre d’un programme pluriannuel qui devrait s’achever en 2010. Ce programme de cartographie, débuté en 1997 est financé en partie par le Fonds de Prévention des Risques Naturels Majeurs et en partie par la dotation de service public du BRGM, allouée par le Ministère de la Recherche. Les premières cartes élaborées ont été cofinancées directement par le ministère en charge de l'environnement et, pour deux d’entres elles, par la Caisse Centrale de Réassurance (CCR) et le Centre Européen de Prévention des Risques (CEPR).
 
Ces cartes ont pour but de délimiter toutes les zones qui sont a priori sujettes au phénomène de retrait-gonflement et de hiérarchiser ces zones selon un degré d’aléa croissant. Les zones où l’aléa retrait-gonflement est qualifié de fort, sont celles où laprobabilité de survenance d’un sinistre sera la plus élevée et où l’intensité des phénomènes attendus est la plus forte. Dans les zones où l’aléa est qualifié de faible, la survenance de sinistres est possible en cas de sécheresse importante mais ces désordres ne toucheront qu’une faible proportion des bâtiments (en priorité ceux qui présentent des défauts de construction ou un contexte local défavorable, avec par exemple des arbres proches ou une hétérogénéité du sous-sol). Les zones d’aléa moyen correspondent à des zones intermédiaires entre ces deux situations extrêmes. Quant aux zones où l’aléa est estimé a priori nul, il s’agit des secteurs où les cartes géologiques actuelles n’indiquent pas la présence de terrain argileux en surface. Il n’est cependant pas exclu que quelques sinistres s’y produisent car il peut s’y trouver localement des placages, des lentilles intercalaires, des amas glissés en pied de pente ou des poches d’altération, de nature argileuse, non identifiés sur les cartes géologiques à l’échelle 1/50 000, mais dont la présence peut suffire à provoquer des désordres ponctuels.
 

Dernière mise à jour le 22.11.2013